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Evaëlle 11 ans se suicide, moquée et humiliée par sa classe et sa prof

Le décès de la jeune Evaëlle survenait le 21 juin 2019, peu de temps avant les grandes vacances scolaires. Sa professeure, visée par des plaintes de parents d’élèves, s’était exprimée pour « Sept à Huit ». Retour sur une affaire bouleversante.

Evaëlle était en classe de sixième. Son suicide a secoué la France entière, interrogeant la question du harcèlement scolaire en profondeur. La fillette s’est pendue dans sa chambre, en nouant un foulard à son lit. Son père a fait la macabre découverte et tout a été mis en œuvre pour tenter de la sauver. Les secours sont arrivés sur place très vite et il aura fallu trois heures de massage cardiaque pour la ramener, avant de la conduire à l’hôpital. Mais dans la nuit, elle perdait finalement la vie. Objeko revient avec vous sur cette affaire qui a fait trembler les médias, sur l’enquête qui a été ouverte suite au suicide d’Evaëlle.

Evaëlle choisissait d’en finir à cause des moqueries et des humiliations qu’elle subissait à l’école

Evaëlle été victime de harcèlement scolaire par ses camarades de classe. Mais aussi par l’un de ses professeurs, sa professeure de Français. Les témoignages de certains élèves, et des parents de ses derniers, pointent du doigt une enseignante aux méthodes strictes qui visaient à faire de quelques étudiants « un bouc émissaire ». La mère d’Evaëlle racontait elle aussi que sa fille était très triste et se plaignait des cours. « Depuis le début de l’année, elle se plaignait d’être harcelée. Elle avait l’impression que tout le monde était contre elle. Elle était très renfermée. (…) Il y avait des lèvres très moqueurs. Apparemment, elle était dans la pire classe. » disait-elle dans les colonnes du Parisien.

Mais Evaëlle ne subissait pas seulement la pression de ses camarades d’école. Elle se plaignait également de sa professeure de Français. Des anciens camarades d’Evaëlle expliquaient ainsi que l’enseignante la traitait de « folle » ou disait qu’elle était « nulle » quand elle ne réussissait pas un exercice. « Elle dit à tout le monde : ‘Vous êtes la pire des classes’ » rapportait encore l’une des camarades de la victime. Dans ce collège Georges-Duhamel, c’est la stupeur qui frappe lorsque la mort d’Evaëlle fait la Une des médias. Décédée au mois de juin, les parents de cette dernière avaient néanmoins porté plainte en février cette année-là.

Les témoignages rapportent également que le harcèlement scolaire est d’autant plus important puisqu’il ne s’arrête plus aux limites de l’enceinte de l’école. Objeko ne vous surprendra pas en vous disant qu’il continue sur les réseaux sociaux. Et il ne quitte donc jamais les enfants pris pour cible.

Le harcèlement scolaire est un sujet grave et essentiel

Depuis ce tragique événement, plusieurs collégiens et la professeure de Français ont été mis en examen. L’enquête a suspendu l’enseignante de ses fonctions. Elle était donc sous le coup d’une interdiction d’exercer et d’une obligation de soins. Des témoignages rapportaient notamment que lors d’un des cours de Français, la question du jour était « Pourquoi Evaëlle se sent-elle harcelée ? ». Mais dans son interview pour Sept à Huit, la professeure dément avoir fait de ce sujet le point central d’un cours entier. Elle raconte que lorsque les élèves arrivaient dans sa classe, ils revenaient d’un cours d’EPS. L’ambiance était électrique. Elle leur aurait donc permis de s’exprimer pour ensuite pourvoir faire cours calmement. « Je n’ai jamais eu de problème avec Evaëlle. En revanche, je me suis rendue compte assez rapidement de certaines difficultés de cette enfant. » déclarait-elle.

Le suicide de la jeune Evaëlle suscite encore l’émoi aujourd’hui. D’autant plus chez les parents d’élèves. La professeur a aussi été sous le coup d’une enquête du Rectorat, qui a estimé que ses méthodes pédagogiques étaient rigides. L’une des camarades d’Evaëlle rapporte un exemple éloquent, peut-être isolé. « Elle nous avait rendu les copies d’une dictée où j’avais eu zéro et donc elle a montré ma copie devant la moitié de la classe, en montrant que j’avais eu une mauvaise note. Donc je m’étais mis à pleurer en essayant de ne pas trop lui montrer. » disait la jeune adolescente.

La justice retenait, à l’encontre de la professeur de Français d’Evaëlle, une mise en examen pour « harcèlement sur mineur de 15 ans ». Le procès, qui devait se dérouler au mois de juin dernier, expose l’enseignante à trois ans de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende selon Midi-Libre. Mais jusqu’ici, Objeko ne saurait vous faire part de la décision de justice. Alors, renouvelons nos condoléances à la famille d’Evaëlle. Et surtout, restons très attentifs aux appels à l’aide des adolescents. Le harcèlement scolaire peut déboucher sur des drames tels que celui-ci. Pour ne plus assister à pareil désespoir, l’éducation nationale a depuis pris des mesures. Il faut espérer qu’elles soient suffisantes et qu’elle protègent réellement les victimes de harcèlement scolaire.

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